Financement d’entreprises via le Crowdfunding ou « financement participatif », une alternative durable ?

Le crowdfuding, ou le financement participatif, revient à faire appel à la générosité des internautes pour financer un projet d’affaires, ou personnel, sans avoir à  solliciter les acteurs de financements conventionnels, tels que les banques. Pour certains entrepreneurs, c’est aussi un moyen de tester son idée auprès d’une communauté d’internautes avertis.            

Il existe aujourd’hui quelques 800 plateformes à travers le monde, dont 14 au Québec. Ce marché a généré en 2013 un chiffre d’affaires de plus de 5 milliards de dollars canadiens et connaît un potentiel de croissance de plus de 80% voire plus pour l’année 2014.

D’après Jillene Helman, CEO de Realty Mogul, la finance est la seule industrie qui n’a pas connu sa propre révolution industrielle.

Les plates-formes d’intermédiation, s’appuyant sur le principe de la finance participative, comportent différentes modalités et formes de transactions. On peut aujourd’hui distinguer cinq grandes familles :

  • Financer une entreprise ou un projet personnel

Ces plates-formes exercent généralement avec l’accord d’une banque partenaire pour assurer la transparence des opérations. Par exemple, Prêt d’Union, Lending Club, Friendsclear, Prosper ou encore Zopa.

  • Le financement participatif en capital, ou equity based crowdfunding

Ce financement permet une prise de participation en actions et une rétribution financière via les dividendes et la plus-value potentielle réalisée. Les investisseurs deviennent alors actionnaires (Il existe des limites selon les législations). Ces plates-formes vous donnent accès à l’investissement dans les PME non cotées à l’instar des réseaux de business angels. Elles sont complémentaires aux autres acteurs de financement early-stage comme les organismes publics ou les business angels.

Par exemple, Smartangels, Anaxago, Wiseed ou encore Afexios.

  • Le don avec ou sans contrepartie

Il peut s’agir de don classique ou de don contre don ; dans ce deuxième cas, le donateur reçoit en contrepartie une rétribution non monétaire. Kickstarter, entreprise leader sur ce modèle a levé plus de 320 millions d’euros en 2012 sur ce modèle. Les estimations pour 2013 sont de plus de 900 millions de dollars à elle seule.

Par exemple : Ulule, Kisskissbankbank, Bulb in town etc.

  • La production communautaire

Il s’agit d’un intéressement financier sous forme de royalties sur les futures recettes. Une contrepartie non financière est également souvent envisagée (album, goodies, invitations, etc.). Ainsi, les investisseurs deviennent coproducteurs

Par exemple, My Witty Game, My Major Company et plus récemment les éditions Méhari.

  • Le microcrédit solidaire en peer-to-peer

Tel que Kiva, Babyloan ou MicroWorld.

« Le web 2.0 bouleverse les modèles d’affaires et permet aujourd’hui à un plus grand nombre de personnes d’investir à la réalisation de projets près de leurs intérêts et leurs valeurs. C’est également une approche permettant le financement d’entreprises et l’achat collectif de biens immobiliers » a déclaré Perry Niro, le président fondateur de FINANSO.

Le Crowdfunding s’adresse donc à toute personne ayant un projet et, à tout type de dessein. En navigant sur différents sites, vous pourrez choisir entre donner quelques dollars voire plus à Francise Rousseau, chanteur à en devenir québécois en recherche de fonds pour enregistrer son premier album ou John, un entrepreneur américain qui cherche lui aussi des fonds pour démarrer sa compagnie.

Bienvenue dans la finance où il semble ardu d’y apercevoir les règles et les limites d’un si jeune système.

Ce système participatif a déjà fait ses preuves à la fin des années 90 au Bhoutan. Pour relancer l’économie du textile locale, les familles les plus riches se sont lancées dans l’investissement participatif auprès de petites compagnies industrielles : une aubaine pour celles qui ne pouvaient plus rivaliser avec leur voisin chinois. L’octroie de ces microcrédits permit donc rapidement l’accroissement de la production et la reprise des ventes. Toutefois, les taux d’intérêts, très élevés dans ces cas, ont joué leurs rôles initiales : ils favorisent la passation de pouvoir desdits compagnies, alors rachetées par leurs créanciers.

Ce nouveau phénomène est-il annonceur de la fin d’un monopole financier fragilisé et le début d’un nouvel eldorado ou d’une ingénieuse trouvaille pour accéder à vos ressources financières personnelles.

Voici un court reportage qui illustre les éventuelles possibilités de financement participatif qui s’offrent à nous!

Informations complémentaires

  • Cliquer ici pour accéder au répertoire des plateformes canadiennes et québécoises de financement participatif
  • Cliquer ici pour accéder aux raisons sociales desdites plateformes

 Articles connexes

  • Cliquer Ici : Lancement de Finanso, un centre québécois de Crowdfunding
  • Cliquer Ici : La Belgique et le Crowdfunding
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Par Richard Maréchal.